Jeu d'enfantA Story by GaelExercice de style sur le Texte le plus celebre du Monde...
« On joue à quoi ? - A trap-trap ? - Oh non, j’ai pas envie, c’est toujours moi le loup ! - Qu’est-ce qu’on fait alors ? - J’ai une idée ! On a qu’à dire que ce serait le début des temps ! - Et tout serait vide, comme le grand gymnase où on fait la sieste quand on fait pas la sieste. - Moi j’aurais peur, parce qu’il fait tout noir dans le grand gymnase. - Oui, mais toi t’es qu’une poule mouillée ! - Même pas vrai d’abord. Mais quand il fait noir, on se cogne partout, on se fait des égratignures, et après, on est obligé d’aller voir la vieille infirmière du bout du couloir ; celle qui sent mauvais et qui a de la moustache. Alors on dirait qu’il y aurait un grand interrupteur et qu’on l’allumerait. - On dirait qu’y aurait une minuterie, comme dans mon escalier. - Une quoi ? - C’est un bidule qui fait que la lumière s’éteint toute seule. - Mais euh ! Ca veut dire qu’il faut tout le temps appuyer dessus pour le rallumer… C’est trop nul ! - Alors on dirait que la minuterie resterait allumée… euh… douze heures ! - Et on dirait qu’on aurait peur quand la minuterie s’arrêterait… à cause de l’infirmière du bout du couloir… Alors on dirait qu’il y aurait une grosse veilleuse ; on l’appellerait lune. - Non, on en mettrait plein de petites, et on les appellerait étoiles. Ca serait plus joli. Et puis elles feraient comme des formes d’animaux. Y aurait un cygne, comme dans le dernier Disney. Et puis une grande et une petite Ourse en peluche. - On a qu’à dire une lune et des étoiles alors. - Et la grosse ampoule, on l’appellerait comment ? - On l’appellerait soleil. Et à chaque fois qu’on l’allumerait, on compterait en trois ! - Alors on dirait que ça serait bon. - Un ! - Deux ! - Trois ! - Soleil ! - Ca serait la première fois qu’on allumerait l’interrupteur. - Qu’est-ce qu’on ferait après ? - On dirait que notre monde serait super grand. Il serait aussi grand que la voiture de mon papa, parce qu’il faudrait qu’on puisse tous y rentrer. - Non, grand comme deux voitures ! - Trois ! - Quatre ! - Sept ! - Douze ! - Seize ! - Zut, après je sais plus compter… - Grand comme une voiture infini ! - Comme une voiture infini plus une ! C’est moi qui gagne. - C’est pas juste ! - Bon, et puis, comme on aurait de la place, on aurait une super grosse poule. - Ben ça sert à rien une poule ! - Mais si, ça pond des œufs… - Ben ça sert à rien un œuf ! - Bouh, t’y connais rien ! Le jour de Pâques, une poule, ça pond un œuf en chocolat… Donc avec une super grosse poule, on aurait un super gros œuf en chocolat ! - T’es trop malin, toi ! - Mais qu’est-ce qu’on en ferait des autres œufs ? - On s’en fiche, on aurait plein de place, on aurait qu’à les laisser flotter entre les étoiles… - Et puis ils grandiraient, ça ferait des poules qui feraient des œufs qui feraient des poules qui feraient des œufs. Comme ça, le jour de Pâques, on aurait tout plein de super grosses poules qui feraient plein de super gros œufs en chocolat… - Et puis on dirait qu’on aurait un œuf qui serait tout rond et tout bleu, et qu’on l’appellerait Terre. - Pourquoi il serait tout bleu ? - Parce qu’il serait fait avec de la mer. - Et qu’est-ce qu’on ferait avec le reste de la mer ? - Ben, on la séparerait de la mer qui serait sur l’œuf et on l’appellerait ciel. - Alors on dirait que ça serait bon. - Un ! - Deux ! - Trois ! - Soleil ! - Ca serait la deuxième fois qu’on allumerait l’interrupteur. - On dirait qu’on mettrait la Terre tout près du soleil pour pas qu’elle attrape froid. - Car sinon, ça serait un peu à cause de moi… - Du coup, une partie de l’eau qui serait dessus s’en irait. Et y aurait des endroits qui seraient tous secs. - Et la Terre, elle serait toute gênée, parce que là où y aurait plus d’eau elle serait toute nue. - Faudrait lui donner des habits, à la Terre. Dis, la Terre, ça serait une madame ou un monsieur ? - Ben ça serait une madame. - Alors il faudrait lui faire plusieurs habits différents si on veut qu’elle soit belle. Parce que les madames qui sont belles, comme ma maman, elles arrêtent pas de se changer. - On lui ferait une robe avec des fleurs. Et on appellerait cette robe Printemps. - Et pourquoi Printemps ? - Parce que c’est le nom du magasin où ma maman et ses amies elles vont tout le temps acheter leurs robes ! - Et puis on en ferait une avec des bouts du soleil. On dirait que ça serait Eté. - Et une cousue avec des feuilles mortes, comme la maîtresse nous a fait faire en classe. On l’appellerait Automne. - Et une comme celle de Blanche-Neige. Ca serait Hiver son nom. - Ben elle serait contente la Terre ! - Alors on dirait que ça serait bon. - Un ! - Deux ! - Trois ! - Soleil ! - Ca serait la troisième fois qu’on allumerait l’interrupteur. - Moi je veux des animaux ! Ca serait trop triste la Terre si y a pas des bébêtes dessus… - On a qu’à mettre un poisson rouge dans la mer. Quand j’ai demandé un animal à papa et maman, ils m’en ont acheté un. - Il s’appelle comment ? - Il s’appelle Maurice. Mais il est mort en mangeant trop de mousse au chocolat. - Mon papa il dit que les marées au chocolat noir, ça tue les poissons. - Alors il faudrait interdire les mousses au chocolat sur la Terre. - Ah non alors ! Et qu’est-ce qu’on mangerait comme dessert le lundi midi à la cantine ? - Alors on dirait qu’y aurait plein de poissons rouges. Comme ça, si il y en a un qui meurt, ben il y en aurait encore… - Et on leur dirait de croître et de se multiplier. Comme ça il y en aurait encore plus… - Et on mettrait des poissons bleus, verts et jaunes, comme sur les dessins que je fais pour ma petite sœur. - Et puis des poissons pannés, pour quand on aurait faim ! - Et puis des poissons d’Avril, pour qu’on rigole bien. - Et puis des poissons volants avec de grandes ailes ! Ils remonteraient le courant des orages pour allait pondre leurs œufs dans les eaux du ciel… - Ils diraient bonjour aux petits zoziaux en passant ! - C’est pas possible, ça ! - Ben pourquoi ? - Ben parce qu’y pas de zoziaux sur la Terre. - On a qu’à en mettre. - Non. Je veux pas. - Moi je veux ! - Ben y en aura pas quand même, car c’est moi qui commande. - Et pourquoi ? - Parce que c’est moi le chef ! - Et qui a dit que c’était toi ? - C’est moi qui ait dit qui c’était moi. - T’as pas le droit de dire ça ! - Si, puisque je suis le chef ! - Je subodore que tes efforts rhétoriques s’apparentent plus à une pétition de principe qu’à une dialectique structurée. - Mais non, regarde. Si je te dis « t’es bête », tu me dis quoi ? - C’est celui qui dit qui est. - Et ben le chef, c’est pareil. Je suis le chef car c’est moi qui le dit. Parce que c’est celui qui dit qui est. - T’es vraiment trop fort ! - Quand je serai plus grand, je serai chef de la République. - Dis, chef, je peux te demander un truc ? - Oui, si tu veux. - Tu veux bien qu’on mette des zoziaux sur la Terre ? S’il te plaît ! - Et bien d’accord. On dirait qu’il y aurait des zoziaux. - Ouais, super ! - Alors on dirait que ça serait bon. - Un ! - Deux ! - Trois ! - Soleil ! - Ca serait la quatrième fois qu’on allumerait l’interrupteur. - Ben maintenant qu’on a mis des poissons et des zoziaux, on dirait qu’on mettrait tous les animaux ! - Ouais, moi je veux un panda ! - Moi un husky ! - Moi un mini lion que je mettrais dans mon cartable. - Moi un hamster géant qui serait tout doux. Même que je pourrais dormir dessus ! - Moi, je voudrais un kangourou qui va sous l’eau. Comme ça, il me mettrait dans sa poche et je pourrais explorer l’océan. Ca serait un sous-marin de poche ! - Et un éléphant pas trop grand pour que je puisse le mettre dans ma salle de bain. Et bleu ciel aussi, parce que sinon ça irait pas avec le carrelage. Avec sa trompe, il me ferait prendre ma d****e. - Et une vache violette qui ferait du bon chocolat au lait ! - Et une méga sauterelle pour que mon papa il puisse passer au dessus des embouteillages et revenir plus vite à la maison. - Et un gorille géant qui m’emmènerait tout en haut du building où j’habite ! - Et un lapin. - Juste un lapin ? - Oui, comme ça il mangerait les carottes que me donne ma maman. Moi j’aime pas les carottes ! - Moi je voudrais un serpent, comme il a mon grand frère dans sa chambre. - J’en veux pas de ton serpent, il ferait peur à ma vache violette ! - Oui, mais ça serait un serait un serpent qui parle. Super poli et tout. Il arriverait même à convaincre ta vache qu’en fait il serait gentil. - Ma maman aussi elle a peur des serpents. - Toutes les madames elles ont peur des serpents. - Oui mais mon serpent à moi, ça serait vraiment le plus fort de tous. Il offrirait un truc aux madames pour leur prouver que c’est un serpent bien. - Quoi comme truc ? - Chais pas, un p’tit truc utile… comme une pomme de la Connaissance du Bien et du Mal… - Alors on dirait que ça serait bon ? - Chais pas, j’ai comme un doute sur le serpent… - Allez, ça serait qu’un petit serpent de rien du tout … - Bon d’accord. - Alors on dirait que ça serait bon. - Un ! - Deux ! - Trois ! - Soleil ! - Ca serait la cinquième fois qu’on allumerait l’interrupteur. - Cette fois, on dirait qu’on jouerait avec de la pâte à modeler. - On ferait un bonhomme avec. Il aurait deux bras, deux jambes, deux yeux, un nez, une bouche, et comme il serait tout nu on verrait son kiki. En fait, il nous ressemblerait beaucoup. - Et on lui soufflerait dessus avec de la magie et il deviendrait vivant. - Alors il nous demanderait qui on est. - Et qu’est-ce qu’on lui répondrait ? - On lui répondrait « Devine… ». - Mais lui, avec ses oreilles en pâte à modeler, il entendrait pas bien… et il comprendrait « Divin ». - Et après, il croirait qu’on s’appellerait « Divin » ; et il ferait tout un boucan avec ça, parce qu’il arrêterait pas de se demander ce que ça veut dire… - Alors qu’en fait, on serait pas si différent de lui, puisqu’on l’aurait fait à notre image… - Et puis le bonhomme il serait tout malheureux parce qu’il serait tout seul. - Et là, on serait bien embêté, parce qu’on aurait plus de pâte à modeler. - Alors on l’endormirait, comme à l’hôpital. - On prendrait une partie de sa pâte à modeler. Et avec, on lui ferait une madame. - Même que quand il se réveillerait, il serait super content. - Et comme ils seraient faits avec la même pâte à modeler, ils deviendraient des amoureux. - Et puis ils se feraient des bisous… - Alors on dirait que ça serait très bon. - Un ! - Deux ! - Trois ! - Soleil ! - Ca serait la sixième fois qu’on allumerait l’interrupteur. - C’est fou tout ce qu’on aurait fait en seulement six allumages d’interrupteur. - Oh non ! Ca a sonné ! - Un ! - Deux ! - Trois ! - Soleil ! - Ca serait la septième fois qu’on allumerait l’interrupteur. - Vite, sinon la maîtresse va nous punir ! - On a quoi maintenant ? - C’est l’heure de la sieste. - Allez, venez ! C’est la fin de la Recréation ! »
© 2008 Gael |
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1 Review Added on February 5, 2008 Author
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